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25/07/2015

lignes seules du corps mis à nu (rets de l’identité)

lignes seules du corps mis à nu             limites

aiguës

                        le battement d’un papier

sur le bord — flot d’Énée du plus loin

peut-être

                        aujourd’hui hors de la bouche

pris dans les rets de l’identité (leurre

            de son propre rivage)

 

entends ceux qui murmurent du mât

tombés bois flotté

            « il existe un monde où nul ne pénètre

            non loin des abysses et de ses mélodies

            au cœur du tumulte »

                                                (Lord Byron)

 

mon visage c’est un nom de sel qui

se déplie vers le nord-ouest

                                                la pluie

résonne « je sens ça déjà sous ma peau »

(Tristan Corbière)

                                    traversé sans rien que

ma voix

            dedans cette terre noire que les

mouettes par centaines sillonnent le

champ fraîchement retourné un

voile avidement tressé de cris sans

 

            rien que nos voix énéiques

qui débordent

 

 

chaque visage c’est ton nom de sel

 

 

(poème publié une première fois avec un dessin de Thierry Le Saëc dans la collection de livres pauvres dirigée par Daniel Leuwers)

15/07/2015

Livre unique avec Caroline François-Rubino

et tes mots sur ses lèvres n'ont ni fin ni début

(c'est le titre)

 

 

en ce jour où Nerval invoque Aurélia ou Sylvie

 

tu ne sentiras que la chute accélérée d'un visage qui fuit

 

si tu retournes au début de ton rêve

 

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Écrit par francoisrannou dans Livre, livres avec des artistes, mes livres | Lien permanent |  Facebook | |

21/05/2015

sur Le Livre s'est ouvert, par Tristan Hordé (in CCP)

Le livre s’est ouvert est composé de deux ensembles distincts : un poème en vers libres divisé en sept séquences, qui donne le titre au recueil, et trois poèmes dédiés à Jean-Luc Steinmetz, Esther Tellermann et Dominique Grandmont, hommages et en même temps esquisse d’un « art poétique ». La première partie est le récit d’une marche dans la ville, qui aboutit à une librairie amie ; ville lisible comme un livre, où le narrateur croise des personnes qu’il connaît, écoute, et dont il rapporte des échanges. Le nom de la librairie, « Calligrammes », n’est pas indifférent : le récit, sans que soit adopté pour l’écrire un dessin à la manière d’Apollinaire, a cependant une forme qui varie au fil des pages ; dans les deux premières séquences, un vers horizontal construit plutôt un itinéraire intérieur et des vers dans la verticale de la page sont relatifs au mouvement de la marche, l’un d’entre eux commun au premier vers. Le dispositif est simplifié ensuite, quand les thématiques se séparent, puis seule la librairie, c’est-à-dire le « réel », s’impose. C’est justement la recherche du réel, « la mise à nu de l’évidence », qui pour François Rannou doit être restituée dans la poésie, et il refuse nettement, dans la seconde partie du livre, ce qui s’en éloigne. Il ne s’agit pas de re-présenter, mais bien de faire que l’on saisisse dans le poème quelque chose de « l’insu », de « l’inouï du réel », condition pour la rencontre avec l’Autre. Le poème pourrait alors être analogue à un col, qui sépare et permet le passage : « j’écris pour sortir / de ma parole ».

http://cahiercritiquedepoesie.fr/ccp-30-1/francois-rannou-le-livre-sest-ouvert

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