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21/05/2015

sur Le Livre s'est ouvert, par Tristan Hordé (in CCP)

Le livre s’est ouvert est composé de deux ensembles distincts : un poème en vers libres divisé en sept séquences, qui donne le titre au recueil, et trois poèmes dédiés à Jean-Luc Steinmetz, Esther Tellermann et Dominique Grandmont, hommages et en même temps esquisse d’un « art poétique ». La première partie est le récit d’une marche dans la ville, qui aboutit à une librairie amie ; ville lisible comme un livre, où le narrateur croise des personnes qu’il connaît, écoute, et dont il rapporte des échanges. Le nom de la librairie, « Calligrammes », n’est pas indifférent : le récit, sans que soit adopté pour l’écrire un dessin à la manière d’Apollinaire, a cependant une forme qui varie au fil des pages ; dans les deux premières séquences, un vers horizontal construit plutôt un itinéraire intérieur et des vers dans la verticale de la page sont relatifs au mouvement de la marche, l’un d’entre eux commun au premier vers. Le dispositif est simplifié ensuite, quand les thématiques se séparent, puis seule la librairie, c’est-à-dire le « réel », s’impose. C’est justement la recherche du réel, « la mise à nu de l’évidence », qui pour François Rannou doit être restituée dans la poésie, et il refuse nettement, dans la seconde partie du livre, ce qui s’en éloigne. Il ne s’agit pas de re-présenter, mais bien de faire que l’on saisisse dans le poème quelque chose de « l’insu », de « l’inouï du réel », condition pour la rencontre avec l’Autre. Le poème pourrait alors être analogue à un col, qui sépare et permet le passage : « j’écris pour sortir / de ma parole ».

http://cahiercritiquedepoesie.fr/ccp-30-1/francois-rannou-le-livre-sest-ouvert

poésie,rannou,hordé,ccp

 

Surgissant à nouveau de la terre, collaboration avec le musicien Aurélien Dumont

Vient de paraitre ce disque de l'ensemble Aedes : Ludus verbalis, dédié à la musique sacrée a cappella des 20 ème et 21 ème siècles. Parmi Messiaen, Ligeti, Poulenc, on peut écouter le jeune compositeur Aurelien Dumont avec une pièce : Surgissant à nouveau de la terre (à laquelle j'ai participé en partie pour le texte).
Surgissant à nouveau de la terre, commande de l'Ensemble Aedes au compositeur français Aurélien Dumont (né en 1980), possède deux couches de lecture, qui s'imbriquent et s'interpellent : l'aspiration à l'élévation spirituelle face à la réalité de la Première Guerre mondiale. Cette pièce sacrée met en regard des textes liturgiques et des extraits de poèmes de François Rannou et Guillaume Apollinaire. L'écriture vocale est rendue fragile et intériorisée par l'utilisation de modes de jeux, de quarts de ton et de petites percussions (tubes wah-wah et spring drum) qui émettent des sons proches des phonèmes humains. Surviennent parfois des gestes vocaux violents, images terrifiantes qui semblent surgir du plus profond d'une mémoire collective devenue virtuelle.

http://nomadmusic.fr/fr/ludus-verbalis

Musique, Poésie, Aedes, Rannou, Dumont

30/03/2015

Poesia, di Luigia Sorrentino...qui a traduit un de mes poèmes en italien

http://poesia.blog.rainews.it/2015/03/29/francois-rannou-oeuvres-inedites/

 

On ne voit rien, on ne fait que voir
(Non vediamo niente, vediamo tutto)

dipingeva prima che
le parole interiori si asciugassero
& si immobilizzassero
le lame cadenzate delle
nostre palpebre-palpebranti
— sssfr sssfr sssfr sssfr
il velo, intanto, vibra
davanti ai tuoi occhi

*

frammenti di un solo corpo
-  pittura rovesciata
                          a nudo?
quali linee precise? o
le forme?

*

l’aleatorio è
pensiero della misura
taglio
arrampicato sul tempo

*

corpi di essere e di cose
proiettati contro
i nostri sguardi muri-morenti
-  che l’insieme prenda
vita

*
non posso vedere tutto
sono in attesa
- là
di fronte alla mia altezza e
ancora più in alto saliti
sulla loro riserva
i brandelli di una memoria
più antica e più fresca
di quella dei miei gesti

*

quali figure del mondo?
quali immagini?
tracciano una
coreografia di cui io sono
il basso continuo
- ritmo
sordo fa battere le mie tempie

*

i miei gesti hanno appena imparato
a posarsi nei
gesti
il mio sguardo
ha appena imparato 
i movimenti
dello sguardo
- linee sole di
un corpo messo a nudo
come trattenuto
dalla luce dell’alba

*

loro apparivano a colei
che viene
- la pietra rotolata
nettamente le pareti
vuoto che
taglia il corpo assente e vicino.

di François Rannou
traduzione Luigia Sorrentino

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