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30/03/2015

Poesia, di Luigia Sorrentino...qui a traduit un de mes poèmes en italien

http://poesia.blog.rainews.it/2015/03/29/francois-rannou-oeuvres-inedites/

 

On ne voit rien, on ne fait que voir
(Non vediamo niente, vediamo tutto)

dipingeva prima che
le parole interiori si asciugassero
& si immobilizzassero
le lame cadenzate delle
nostre palpebre-palpebranti
— sssfr sssfr sssfr sssfr
il velo, intanto, vibra
davanti ai tuoi occhi

*

frammenti di un solo corpo
-  pittura rovesciata
                          a nudo?
quali linee precise? o
le forme?

*

l’aleatorio è
pensiero della misura
taglio
arrampicato sul tempo

*

corpi di essere e di cose
proiettati contro
i nostri sguardi muri-morenti
-  che l’insieme prenda
vita

*
non posso vedere tutto
sono in attesa
- là
di fronte alla mia altezza e
ancora più in alto saliti
sulla loro riserva
i brandelli di una memoria
più antica e più fresca
di quella dei miei gesti

*

quali figure del mondo?
quali immagini?
tracciano una
coreografia di cui io sono
il basso continuo
- ritmo
sordo fa battere le mie tempie

*

i miei gesti hanno appena imparato
a posarsi nei
gesti
il mio sguardo
ha appena imparato 
i movimenti
dello sguardo
- linee sole di
un corpo messo a nudo
come trattenuto
dalla luce dell’alba

*

loro apparivano a colei
che viene
- la pietra rotolata
nettamente le pareti
vuoto che
taglia il corpo assente e vicino.

di François Rannou
traduzione Luigia Sorrentino

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04/01/2015

Sur Loque, de Dominique Quélen

 Loque vient de paraître aux éditions fissile (animées par Cédric Demangeot). Il me touche par sa fragilité constante, sa prise de distance, par la démystification à l'œuvre qui est une marque de confiance malgré tout dans la langue, les mots. C'est ce malgré tout qui me plaît. Aussi il y a une sorte d'ébullition permanente qui frémit. On est dedans, on en sort, on y rentre à nouveau, et avec une effervescence : allusions, références, jeux de miroir dans lesquels on plonge, on croit reconnaître... le doute s'installe sur ce texte dont la ligne noire de base est sans cesse activée tout en la laissant agir comme lame de fond. C’est en quelque sorte un tremblement qui secoue les langues, les repères, appâte le lecteur, l’entraîne sur un terrain comme reconnu, commun, puis le perd, l’aveugle et lui dit de tenir le mât sur ce bateau qui croise tout près des sirènes. Et si ce n’était pas en fait l’acte même de lire ? 
 
Mais est-ce simple virtuosité ? Non . Dominique Quélen dans ce livre au long cours, sans respiration autre que le décrochage, l’aparté, la digression, nous fait sentir le ce qui reste d’un corps à corps fantôme entre le monde (extérieur/ intérieur, c’est tout un) et la possibilité d’une quelconque parole fluide, continue, si ce n’est dans le leurre de sa propre continuité. C’est une sorte de spirale qu’aspire le trou noir qui ne peut être dit. Alors, avec un humour à la Satie, il nous guide, Quélen, et nous laisse en question. Qui vient hanter nos mots, et nous fait croire qu’on vit, qu’on peut vivre vraiment quand on sait ? 
 
par François Rannou 
 
Loque, avec des dessins de Tristan Bastit
éditions Fissile, 2010
152 p. 
18 € 

(Cette note est parue la première fois sur Poezibao : 

http://poezibao.typepad.com/poezibao/2010/04/loque-de-dom...  )

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