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25/07/2015

lignes seules du corps mis à nu (rets de l’identité)

lignes seules du corps mis à nu             limites

aiguës

                        le battement d’un papier

sur le bord — flot d’Énée du plus loin

peut-être

                        aujourd’hui hors de la bouche

pris dans les rets de l’identité (leurre

            de son propre rivage)

 

entends ceux qui murmurent du mât

tombés bois flotté

            « il existe un monde où nul ne pénètre

            non loin des abysses et de ses mélodies

            au cœur du tumulte »

                                                (Lord Byron)

 

mon visage c’est un nom de sel qui

se déplie vers le nord-ouest

                                                la pluie

résonne « je sens ça déjà sous ma peau »

(Tristan Corbière)

                                    traversé sans rien que

ma voix

            dedans cette terre noire que les

mouettes par centaines sillonnent le

champ fraîchement retourné un

voile avidement tressé de cris sans

 

            rien que nos voix énéiques

qui débordent

 

 

chaque visage c’est ton nom de sel

 

 

(poème publié une première fois avec un dessin de Thierry Le Saëc dans la collection de livres pauvres dirigée par Daniel Leuwers)

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